Nature, belle et sauvage

Tabortuznel (Au coin du feu) – Texte : Márkus Miklós – Musique : Lajos Bardos

Szellő zúg távol,
alszik a tábor.
Alszik a tábor,
csak a tűz lángol.
Rakd meg, rakd meg, jó pajtásom
azt a tűzet,
Isten tudja, mikor látunk
megint ilyet.
Szellőzúgásnak
fárad a hangja,
Kis falucskának
szól a harangja.
Hallga, hallga, szól a harang:
bim-bam, bim-bam.
Lelkünk mélyén kél rá visszhang:
bim-bam, bim-bam.

La brise bruisse au loin,
le camp dort.
Le camp dort,
seul le feu flambe.
Recharge-le, recharge-le, mon bon ami
ce feu,
Dieu sait, quand nous en verrons
de nouveau un semblable.
Le bruissement de la brise
a fatigué sa voix,
Le petit village
sonne la cloche.
Écoute, écoute, sonne la cloche :
ding-dong, ding-dong.
Au fond de notre âme se lève son écho :
ding-dong, ding-dong.

I – Contemplation


La vraie gloire est ici (extrait), Poème de François Cheng (2012)

Soudain, au-devant de soi, l’évidence.
Ce quelque chose d’étrangement déchiré,
Ou de déchirant, néanmoins d’un bloc,
Entier, indivis, venant de très loin,
Ou de tout près, au-devant de soi,
Ébranlant corps et âme, évidente présence.
Un monde est là : les nuages
Qui planent, la source qui coule,
Le pré qui s’étire, les arbres
Qui veillent, les cris de cigales
Sous l’injonction d’un rayon,
Le sifflement des aiguilles de pin
Au passage de la brise, l’invisible
Tapisserie que tissent les vols
Croisés des guêpes et des libellules…
Chaque chose en son lieu, en son temps,
Toutes choses en leur lien, en leur change.
Un monde de partage, comme prévu
Ou imprévu depuis l’origine, advenu
En cet instant de l’éternelle donation,
Ici retourné par un regard étonné
En perpétuelle offrande.